Assurances sociales

Numéro 12 : Ejan Mackaay
ASSURANCES SOCIALES ET RESPONSABILITE


Les sytèmes actuels de protection sociale ne résultent pas d'une conquête politique et ne participent pas d'un grand élan de générosité : ils ont voulu se substituer à d'autres façons de gérer les risques d'une société industrielle.
Par exemple, les accidents du travail auraient pu être pris en charge par des procédures d'assurances ou de mutualité. Mais le droit français, en particulier, s'est opposé à la couverture volontaire des dommages causés aux travailleurs.
Tandis que l'assurance classique met le travailleur et l'employeur devant leurs responsabilités, les assurances sociales sont vite une prime à l'incurie et à la fraude.
Finalement, les sytèmes deviennent explosifs, et toute tentative de réforme se heurte au principe des droits acquis.
Il faudra tôt ou tard retrouver les vertus de la concurrence et de la responsabilité. Mais cela suppose un effacement de l'Etat : problème constitutionnel et politique.
Les mots-clés : protection sociale, assurance, mutualité.


Numéro 14 : Georges Lane
RESPONSABILITE ET ASSURANCE
OU A-SECURITE SOCIALE

Les "assurances sociales" nous écartent de la logique de l'assurance pour nous entraîner dans un système inefficace et dangereux de redistribution sociale.
La logique de l'assurance, c'est de couvrir l'éventualité de pertes en faisant jouer la mutualité. Cette logique découle du sentiment de prévoyance qui conduit tout propriétaire d'un "bien" à ne pas subir sa perte.
L'assurance est une industrie apparue spontanément, sous forme contractuelle. L'assureur rend plusieurs services à l'assuré, en dehors même de sa promesse d'indemnisation.
Les partisans des assurances sociales ont fait un faux procès à l'assurance : ils lui reprochent de ne pas couvrir les accidents inattendus, de sélectionner les risques, de faire payer cher le risque moral.
En socialisant les assurances, on évacue le contrat et la responsabilité qui l'accompagne. On rend certaines personnes irresponsables, et d'autres arbitrairement responsables (comme l'employeur pour les accidents de travail).
Quand la faillite des assurances sociales sera consommée, il faudra accepter les contrats d'assurance, qui constituent la sécurité sociale véritable.
Mots-clés : assurances sociales, risque moral, responsabilité.


Numéro 15 : Jesus Huerta de Soto
LA CRISE ET LA REFORME
DE LA SECURITE SOCIALE

Les sytèmes de Sécurité Sociale vivent une crise éthique aussi bien que financière : les tensions sociales et les mentalités d'assistés pèsent aussi lourd que les déficits croissants, le ruine de l'épargne et l'explosion des régimes de retraites "par répartition". Toute réforme doit séparer ce qui est solidarité (assurer à quiconque un minimum de couverture) et ce qui est assurance.
Pour les retraites, la capitalisation s'impose : elle est moins coûteuse, elle développe l'épargne productive, elle accroît le pouvoir d'achat des salariés.
Comment convaincre les gens des bienfaits d'une réforme libérale ? Il faut combiner changements immédiats et perspectives à long terme.
Les changements immédiats consistent à entamer le monopole de la Sécurité Sociale en donnant aux compagnies d'assurance privées le droit d'intervenir dans le cadre du système obligatoire.
Ensuite le passage, à l'intérieur du système obligatoire, du public au privé sera aménagé par une répartition des cotisations entre les deux.
Enfin le caractère obligatoire et public de l'assurance disparaîtra par libre choix des individus et ou des entreprises.
Ces trois étapes ont été déjà franchies en Angleterre ou au Chili : un assuré sur deux a préféré la privatisation.
Dans une réforme de type libéral, les grands gagnants sont les assurés eux-mêmes, mais en particulier les entreprises et les jeunes salariés que le système actuel est en train de ruiner.
Mots-clés : sécurité sociale, déficits, solidarité, assurance, privatisation.