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| L'ÉDUCATION, UN ATOUT DANS LA VIE |
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La plupart des parents
veulent donner la meilleure éducation possible à leurs enfants.
Ils savent par expérience que l'éducation est un atout appréciable.
Non seulement elle permet de mieux réussir dans la vie active, mais
surtout elle fait que l'on est plus à l'aise en toutes circonstances,
en privé comme en public.
Car éduquer signifie apprendre à se conduire. L'éducation, c'est
l'apprentissage du comportement.
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L'ÉDUCATION, BASE
DE L'HARMONIE SOCIALE
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Des gens mieux éduqués
connaissent la manière de se comporter vis à vis d'eux-mêmes et
vis à vis des autres.
L'éducation favorise l'harmonie sociale, elle
rend les hommes plus justes, c'est-à-dire mieux ajustés à leur environnement,
plus attentifs à ceux qui les entourent, plus polis c'est-à-dire
plus civiques.
Voilà pourquoi tous les grands
penseurs de la philosophie sociale, de Platon à Rousseau, d'Aristote
à John Stuart Mill, ont insisté sur l'importance de l'éducation.
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LE CAPITAL HUMAIN,
CLÉ DU DÉVELOPPEMENT
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L'éducation a aussi
une dimension économique considérable.
Le
concept de capital humain est devenu familier depuis les travaux
pionniers de Milton Friedman.
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On a pu démontrer que
les différences de niveaux de vie entre individus mais aussi entre
nations, s'expliquent essentiellement par les différences dans la
constitution, l'entretien et l'exploitation du capital humain. Gary
Becker, en particulier, a mis l'accent sur l'importance des choix
éducatifs que la famille devrait faire. Aujourd'hui les pays en
plein développement économique sont ceux où l'investissement en
capital humain a été le mieux soigné.
Par
contraste, les régimes totalitaires qui pratiquent une éducation
de masse ôtent tout espoir de promotion personnelle et subissent
un échec économique total.
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L'ÉDUCATION EN CRISE
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Dans ces conditions,
on mesure mieux la gravité de la crise éducative que traversent
beaucoup de pays, et qui n'épargne pas des nations de grande culture
comme les Etats-Unis ou la France.
Les signes de cette crise sont bien visibles.
La violence, la drogue, la délinquance en sont des manifestations
quotidiennes : les jeunes perdent le sens de la responsabilité,
ils rejettent souvent toute règle et toute discipline.
Mais
l'échec scolaire, l'analphabétisme, l'inadaptation à la vie professionnelle,
le déficit en savoir, en savoir-faire et en savoir-être sont d'autres
aspects de la crise éducative.
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QUI
EST RESPONSABLE ?
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Dans cette crise, chacun
rejette la responsabilité sur l'autre.
"Impossible d'enseigner à des enfants mal
éduqués", disent les enseignants - "Impossible d'éduquer les enfants
avec les mauvaises habitudes, les mauvaises fréquentations prises
à l'école", disent les parents. On peut aussi s'entendre sur le
dos d'un troisième : "c'est la faute à la télé, à la presse, aux
mass media, au show business". Qui a tort, qui a raison ? En réalité,
il faut remettre de l'ordre dans les esprits, aussi bien que dans
le système éducatif, en se posant deux questions :
- quelle est la vraie nature de l'activité
éducative ?
- qui doit en avoir le contrôle ?
Les
deux questions sont évidemment liées.
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ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT
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Pour mieux cerner le
problème éducatif, il faudrait éclairer les liens entre enseignement
(ou instruction) d'une part, et éducation d'autre part.
Certes les deux sont liées. "Science sans
conscience n'est que ruine de l'âme". Sans repères moraux, sans
discipline personnelle, sans ouverture d'esprit, l'accumulation
des connaissances est stérile. Et il vaut mieux une tête bien faite
qu'une tête bien pleine.
Mais il fut un temps où une certaine division
des tâches s'instaurait entre l'école et la maison. Puis un jour
le Ministère de l'Instruction Publique est devenu celui de l'Education
Nationale, laissant entendre qu'il suffisait d'enseigner pour éduquer,
et que l'enseignement éducatif était avant tout une affaire nationale,
une affaire d'Etat.
De ce jour ont régné la
confusion des genres, et l'incertitude sur celui qui était l'éducateur
en dernier ressort.
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L'ÉDUCATION, UN DROIT
SOCIAL
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Aujourd'hui, l'éducation-service
public est la vision dominante dans un pays comme la France. C'est
encore l'éducation-droit de l'homme. Tout être humain a le droit
de recevoir une éducation, et la société doit garantir l'accès de
tous à la connaissance : c'est une condition de l'égalité des chances.
Des
libéraux aussi célèbres qu'Adam Smith ou John Stuart Mill ont chargé
l'Etat du soin de veiller à ce que tous les enfants puissent être
éduqués. Pour certains, l'intervention de l'Etat est exclusive de
celle des parents : les éducateurs de métier savent mieux que la
famille ce qui est bon pour l'enfant, et cela serait particulièrement
prononcé pour l'enfant pauvre - dont les parents seraient incapables
de le guider lucidement.
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L'ÉDUCATION, UNE MISSION
FAMILIALE
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Tout à l'inverse, d'autres
estiment que la famille est la seule à être investie de la mission
d'éduquer les enfants. Sans avoir de propriété sur les enfants,
les parents ont un droit de garde. C'est leur responsabilité, et
leur responsabilité exclusive, de "garder" dans les meilleures conditions
possibles, et de prévoir ce qu'il y a de mieux pour l'éducation
des leurs.
La communauté familiale est une
excellente initiation à la vie sociale, une cellule d'apprentissage
des relations avec les autres. Quant à l'enseignement stricto sensu,
c'est un choix familial qui permet de l'adapter à la situation actuelle
et future de l'intéressé.
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L'ÉDUCATION, UN SERVICE
MARCHAND ?
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Associant
étroitement enseignement et éducation, certains pensent voir dans
celle-ci un simple service marchand. L'éducation, cela peut se vendre
et s'acheter. C'est peut-être un moyen de guider les familles dans
leur tâche éducatrice que de la sous-traiter moyennant un prix à
des éducateurs et enseignants spécialisés. Le capital humain se
constituerait donc comme le capital mobilier ou immobilier : par
l'investissement en argent. Voilà comment d'ailleurs les familles
pauvres seraient paradoxalement poussées à investir des sommes considérables,
proportionnellement plus élevées que les familles riches, pour avoir
"ce qui se fait de mieux" pour leurs enfants. Par contraste, l'enseignement
gratuit ne leur inspire pas toujours confiance.
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REPENSER L'ÉDUCATION
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Ces trois approches illustrent
les ambiguïtés et les débats qui entourent l'éducation. Elles ramènent
les décisions en ce domaine à quelques grands choix :
- Initiative et contrôle à l'Etat ou aux familles
?
- Educateurs publics ou privés ?
- Gratuité (apparente) ou paiement direct
?
La crise de l'éducation provient sans doute de l'incapacité
de trouver les bonnes réponses à ces questions ou du mélange incohérent
des solutions.Voilà pourquoi une réflexion en profondeur s'impose
dans le domaine de l'éducation. On ne peut plus se contenter du
statu quo, ni de réformes de façade.
Il faut relancer le défi éducatif ; trop de valeurs, trop de progrès
sont en cause.
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