| LA DÉMISSION DES PARENTS |
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Les
partisans de l'éducation publique et la plupart des enseignants
ont tendance à mettre en accusation les familles : l'échec
scolaire, la mauvaise tenue des élèves, sont souvent la rançon
du laisser-aller familial.
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Et, de fait, beaucoup
de parents sacrifient l'éducation de leurs enfants à leur confort
personnel. Au lieu de suivre leur travail, de parler avec ses enfants
à la fin de la journée, on préfère s'installer devant la télévision
ou, ce qui revient au même, installer les enfants devant la télévision
pour être tranquille.
Les parents ont donc
tendance à s'en remettre complètement aux éducateurs, et de démissionner
de leurs propres responsabilités. Voilà qui apporte de l'eau au
moulin de l'éducation étatique.
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| LA FAMILLE SE DÉLITE |
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D'ailleurs qui sont
les parents, où sont-ils ?
La famille "mono-parentale"
a fait son apparition, et se développe à une telle vitesse que dans
bien des pays un enfant sur trois ne connaît pas son père.
Le divorce ballote les enfants entre deux foyers.
Les nouveaux frères, les demi-soeurs, viennent s'ajouter aux frères
et soeurs d'origine. Il y a tantôt rupture avec les grands-parents,
tantôt pléthore de papies et de mamies.
Peut-on encore parler
de "famille" dans ces conditions, et comment des pseudo-familles
pourraient-elles donner autre chose qu'une pseudo-éducation ? L'enfant
laissé à lui-même, l'enfant-roi, l'enfant meurtri : autant de drames
qui se paient cher par la suite.
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| LA LÉGISLATlON CONTRE LA FAMILLE |
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La famille à géométrie
variable est peut-être le résultat inéluctable de l'évolution des
moeurs, voire du progrès économique. Ne soutient-on pas que le mariage
indissoluble ne se conçoit qu'avec une faible espérance de vie à
la naissance ? On peut partager avec la même personne une vie de
trente ans, mais cinquante c'est réellement trop !
Cependant les moeurs sont largement accompagnées
par la législation, et ce sont souvent les préférences des dirigeants
que l'on retrouve dans les textes qui régissent le mode familial.
Depuis quelques décennies, pour des raisons idéologiques, et au
prétexte fallacieux de libération des moeurs, le législateur a contribué
à la destruction de la famille.
L'exemple
le plus spectaculaire est celui de l'éclatement de la famille noire
aux Etats-Unis. Les femmes noires préfèrent bénéficier des
allocations pour mères célibataires plutôt que de s'encombrer d'un
mari. Ces avantages "sociaux" étant progressifs, ''bénéficient"
davantage aux revenus les plus faibles, de sorte que les "familles"
noires sont davantage concernées que les autres.
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| LES ERREURS DE LA
POLITIQUE FAMILIALE |
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Si certains textes
ont sciemment démoli la famille, d'autres entendaient sincèrement
la soutenir.
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Mais
cette "politique familiale" s'est trouvée combinée, malaxée
avec toutes les habitudes et toutes les dispositions des politiques
"sociales" menées par l'Etat-Providence.
On veut que l'Etat
prenne en charge une part des frais de l'éducation de l'enfant ;
mais cette aide est soumise à des conditions de revenus (on suppose
que les enfants de riches ne coûtent rien à leurs parents). On veut
instaurer un nouvel arbitrage entre femme au travail et femme au
foyer, et persuader celles qui ont un emploi
de le quitter moyennant compensation financière, mais la mère de
famille qui n'a jamais été employée n'a évidemment droit à rien
! Comme toujours, on glisse vers l'arbitraire, la bureaucratie,
la politisation, on agit à tort et à travers. L'Etat-Providence
veut tellement entourer la famille qu'il finit par l'étouffer.
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| LES FAMILLES N'ONT PLUS LES MOYENS
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Si l'Etat voulait
efficacement aider les familles, il commencerait par leur rendre
l'argent qu'elles ont gagné.
Aujourd'hui, dans un pays comme la France,
plus de la moitié des revenus est prélevé sous forme d'impôts ou
de cotisations sociales. Après les avoir privées de leurs moyens,
I'Etat veut les redistribuer aux familles ; elles préféreraient
certainement récupérer les sommes astronomiques qui passent dans
les politiques dites redistributives, à commencer par la politique
familiale.
Ce dépouillement
par l'Etat ne concerne pas seulement les revenus des familles, mais
aussi leur patrimoine. Naguère une des formes de la solidarité inter-générationnelle
était la transmission d'un patrimoine. Aujourd'hui malheur à ceux
qui constituent un patrimoine, et surtout à ceux qui veulent le
transmettre ! Ce que les impôts n'auront pas ponctionné sera perdu
par l'effet d'une législation hostile au droit de propriété privée.
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| LES FAMILLES N'ONT PLUS LE CHOIX |
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Les prélèvements
obligatoires ont une logique : ils substituent l'intervention de
l'Etat à l'initiative des familles. Dans le domaine éducatif, comme
dans d'autres, les familles ont peu à peu perdu la liberté de choisir.
Les cartes scolaires imposent un établissement
en fonction du domicile. Les enseignants et les orienteurs ferment
certaines filières aux enfants suivant des critères purement administratifs.
Il n'y a évidemment aucune possibilité d'échapper aux programmes
officiels, et les élèves sont souvent l'objet d'expériences pédagogiques
pour lesquelles le consentement des parents n'a pas été requis.
En France,
on peut broder sur le thème de l'école privée, voire des universités
privées. A supposer que les familles retrouvent ici un certain pouvoir
de choix, elles doivent payer un lourd tribut pour l'obtenir.
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LES FAMILLES N'ONT PLUS LA VOLONTÉ
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Dans ces conditions,
on comprend pourquoi les familles ont démissionné devant leurs
responsabilités éducatives. Privées de la possibilité de choisir,
dépouillées de l'argent souvent nécessaire au choix, elles
ont perdu la volonté de s'occuper sérieusement de l'éducation
de leurs enfants.
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Tout le monde se complaît
progressivement dans l'assistanat, dans la passivité. Nous devenons
tous des spectateurs sans réaction, absorbant quotidiennement notre
dose de médiocrité, de conformisme social. "La termitière humaine
m'épouvante" disait Saint-Exupéry : nous y voila, nous sommes
dans l'ère de la massification et de la grégarisation, et nous avons
perdu les défenses immunitaires contre la collectivisation.
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| ON N'INVESTIT PLUS DANS
LA FAMILLE |
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La famille, qui est
l'une de ces défenses naturelles de l'individualité contre la société,
et qui devrait être le haut lieu de l'éducation, se trouve ainsi
privée de toute fonction éducative véritable.
Dépouillée de l'une de ses raisons d'être,
pourquoi aurait-elle encore quelque attrait pour les individus ?
En dépit de leurs multiples professions de
foi en faveur de la famille, et des sentiments familiaux qu'ils
ont pu garder, les jeunes se marient de moins en moins. Cette dénuptialité
traduit le refus de fonder une famille.
Compte tenu de la précarité et de l'effacement
social de la famille, il ne fait plus bon investir dans la famille.
On n'investit d'ailleurs
plus dans rien, puisque l'Etat providence planifie le futur à notre
place. Très logiquement, l'Etat pénalise ceux qui s'obstinent à
assumer leur propre prévoyance.
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| DÉFICIT EN CAPITAL
HUMAIN |
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Par voie de conséquence,
dans ces pays étatisés, il manquera un certain nombre d'enfants,
et un certain nombre d'enfants bien éduqués.
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Ce déficit en capital
humain aura des conséquences très lourdes à moyen et long terme
:
- les mécanismes d'équilibre inter-générationnel
seront rompus ; on peut en particulier pronostiquer l'explosion
de tous les systèmes de retraites par répartition;
- les ressources humaines disponibles pour l'économie seront amoindries,
en quantité et en qualité ;
- les déséquilibres se creuseront entre les nations ayant su éviter
le déficit en capital humain et les autres, la mondialisation des
flux migratoires posera des problèmes difficiles à résoudre ;
- la victoire de la barbarie sur l'éducation brisera toute vie en
société.
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| CRISE DE LA RESPONSABILITÉ |
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Ces perspectives
de la crise de la famille éducatrice peuvent paraître très sombres.
Mais le pessimisme sur l'avenir de la plupart
des pays n'est-il pas l'un des aspects de la crise de la responsabilité
qu'ils traversent?
Ce serait une preuve supplémentaire d'irresponsabilité
que de sous-estimer les dégâts subis par la cellule familiale. Nous
ne pouvons nous en laver les mains.
Mais, dans l'autre sens, la renaissance de
la famille implique que soit réouverte l'école de la responsabilité.
C'est à dire que nous devons nous doter d'un nouveau système, capable
non seulement de redonner à la famiille les moyens, les choix et
les volontés éducatives, mais aussi d'offrir des écoles, des lycées
et des universités de qualité.
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