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| CRISE DU CAPITALISME OU CRISE DU DIRIGISME ? |
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C’est
sa théorie du cycle qui vaut à HAYEK sa première célébrité
et que retiendra le jury NOBEL pour le couronner.
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Dès
1931, il soutient que les «crises économiques» n’ont d’autre origine
que les perturbations introduites dans les transactions par les
erreurs de la politique monétaire.
Les
manipulations savantes auxquelles se livrent les banques centrales,
notamment en jouant sur les taux d’intérêt, n’ont pour effet que
de provoquer des excès d’investissements dans certains secteurs,
tandis que les capitaux manquent ailleurs. C’est ce qu’HAYEK appellera
le «mal-investissement».
Cette
thèse rejoint les conclusions de la loi de SAY : dans une économie
de marché, il n’y a aucune raison pour que de graves déséquilibres
apparaissent régulièrement. Seuls des éléments extérieurs au marché
peuvent l’empêcher de s’ajuster progressivement.
On
est en plein conflit avec la théorie de KEYNES, qui veut démontrer
que la crise est inhérente au fonctionnement du marché : il
faudrait donc une intervention de l’Etat pour sortir de la crise,
notamment pour résorber le chômage.
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| LE MARCHE PROCESSUS DE DECOUVERTE |
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Avec
l’avancée de ses travaux sur la connaissance et la science, HAYEK
en vient à approfondir l’analyse du processus de marché, en partant
de la dispersion du savoir dans une grande société. A travers les
inter-relations et les échanges, le marché permet de révéler une
information tacite : chacun en vient à découvrir ce que désirent
les autres et ce que l’on peut leur apporter – ce qu’il était impossible
de connaître avant que ne se produise la rencontre.
HAYEK,
à la suite de MISES, insiste sur ce phénomène de la catallaxie :
les échanges permettent de faire apparaître les autres sous un nouveau
jour, et l’on est soi-même amené à connaître sa propre valeur en
se mesurant aux autres.
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| MACRO-EQUILIBRE OU MICRO-REGULATIONS |
| Les informations recueillies sur le marché sont souvent exprimées
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travers le niveau des prix relatifs, qui permettent de connaître
les termes de l’échange d’un produit contre un autre.
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Le
marché n’est pas « myope », comme le prétendent certains.
Il permet au contraire, à travers les prix relatifs, d’anticiper
les comportements et les valeurs du futur.
Les
prix traduisent les pénuries, les excédents, et poussent les agents
économiques, producteurs et consommateurs, vers un ajustement de
l’offre et de la demande à des niveaux plus avantageux. Disciple
de MISES et proche d’HAYEK, Israël KIRZNER met en évidence le rôle
des entrepreneurs dans cette coordination permanente sur le marché.
Cette
conception du marché et de l’entrepreneur nous ramène à la logique
de la loi de SAY : dans une économie de marché il ne peut y
avoir de déséquilibre général et durable, puisque « les services
s’échangent contre des services » : chacun obtient un
droit social (monnaie) en rémunération du service qu’il rend aux
autres.
HAYEK,
comme tous les économistes autrichiens, ne croit pas à un équilibre
macro-économique mais à un processus de régulation micro-économique
permanent.
Au
jeu des masses financières et des quantités globales, il préfère
l’inter-dépendance des complémentarités, les ajustements qualitatifs.
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| LES PERTURBATIONS MONETAIRES |
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Pour
que les ajustements du marché puissent se faire, il faut que rien
ne vienne fausser les prix relatifs. Une manipulation des prix prive
les agents économiques d’une information significative, ils sont
amenés à faire de fausses anticipations, et les déséquilibres ne
peuvent se résorber : impossible de coordonner sur ces bases-là.
Or,
ce qui caractérise les économies contemporaines, c’est l’intervention
des pouvoirs publics qui ont la prétention de se substituer à l’ordre
spontané du marché pour faire valoir leur propre « ordre »,
leurs propres priorités.
Ainsi,
les gouvernements ont-ils réduit la liberté des prix, un nombre
croissant de prix n’obéissent plus aux pressions de l’offre et de
la demande, mais aux prescriptions administratives. Soutien des
prix agricoles, blocage des loyers, prix de la santé, de la protection
sociale : trop élevé ou trop bas, les faux prix engendrent
excédents et pénuries durables.
Mais
c’est surtout les manipulations monétaires qui sont en cause dans
les grandes crises que connaît l’économie occidentale. Les banques
centrales abaissent les taux pour encourager la dépense à crédit,
pour faciliter le financement des dépenses publiques.
On
entre ainsi, dit HAYEK, dans le cycle infernal de « l’économie
d’endettement » : les crédits sont financés à partir de
la création artificielle de monnaie, et il n’y pas de limite.
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| INFLATION ET CHOMAGE |
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Dans
les années soixante dix, quand l’Occident est confronté aux chocs
pétroliers successifs, HAYEK est celui qui donne l’explication la
plus claire et la plus logique de la conjonction de l’inflation
et du chômage.
L’inflation,
tant souhaitée par les Keynésiens et leur politique conjoncturelle
de « plein emploi », a brouillé tous les signaux du marché,
elle a amplifié le mal-investissement, et l’argent aura été gaspillé
dans l’accumulation de la dette publique et l’octroi de crédits
qui ne seront jamais remboursés.
Grâce
à l’inflation on croit maintenir artificiellement des emplois, ou
créer des emplois publics. A l’usage, ces emplois ne résistent pas
à la pression concurrentielle. La perte de compétitivité entraîne
des faillites d’entreprises en chaîne.
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| LIBERER L’OFFRE |
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HAYEK
rejoint ainsi les conclusions des monétaristes : la lutte contre
le chômage passe par la rigueur monétaire.
Mais
il s’écarte des monétaristes en soulignant que si la stabilité monétaire
est une arme nécessaire contre le sous-emploi, elle n’est pas suffisante.
Dans
beaucoup de pays, les entreprises peuvent bénéficier sans doute
d’un meilleur guide pour leurs plans grâce à la stabilisation monétaire,
mais cela ne veut pas dire qu’elles se mettront à embaucher tout
de suite. Il faut aussi que le marché laisse entrevoir aux entrepreneurs
des perspectives de profit et des conditions de fonctionnement « normales »,
c’est-à-dire leur permette de faire des anticipations fiables.
Or,
les gouvernements ont instauré des législations et des politiques
de nature à rendre instable et pénalisant l'environnement de l'entreprise.
Inspirateur de THATCHER et de REAGAN, HAYEK leur demande de diminuer
les impôts et la progressivité de l'impôt, de déréglementer pour
rendre aux marchés leur flexibilité, de privatiser pour alléger
le poids des charges publiques et généraliser la concurrence.
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| PRIVATISER LA MONNAIE |
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L’une
des recommandations les plus spectaculaires d’HAYEK, faite
dès 1976, consistera à enlever aux Banques Centrales le monopole
d’émission de la monnaie, et de
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rendre
aux banquiers privés la totale responsabilité des crédits qu’ils
accordent, retrouvant leur mission originale de sélectionneurs des
affaires et des crédits.
A
la macro-régulation monétaire par les banques centrales, HAYEK veut
substituer la micro-régulation par les banques « de second
rang ». C’est une véritable contestation de la pyramide bancaire,
et une mise en concurrence des banques et des monnaies de paiement.
Cette
proposition d’avant-garde est en train de se réaliser spontanément,
avec l’apparition et le développement de la monnaie électronique,
qui commence à court-circuiter les banques centrales et les politiques
monétaires gouvernementales.
C’est
pourquoi, par comparaison, la formule d’une banque centrale européenne
paraît totalement dépassée, et sans avenir durable.
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| PRIORITE A LA REFORME FISCALE |
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Dans
les pays où les politiques de l’offre ont été adoptées, la lutte
contre le chômage a été couronnée de succès dans des délais très
brefs.
Dans
d’autres pays, comme la France, on perd un temps précieux en refusant
de libérer le potentiel de création d’emplois des entreprises. Voilà
pourquoi il faut au plus tôt pratiquer la grande réforme fiscale
prônée par HAYEK : diminuer les taux de pression fiscale, et
notamment les taux marginaux, cesser d’encourager la dépense en
pénalisant l’épargne, faciliter la transmission des revenus et des
patrimoines.
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| RESPECTER LES DISCIPLINES DU MARCHE |
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En
dehors de la discipline monétaire, à laquelle la France est
venue bon gré mal gré, l’économie française a
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besoin
de retrouver la signification de la loi de l’offre et de la demande,
et en particulier la discipline concurrentielle.
Aujourd’hui
des pans entiers de l’économie française échappent au verdict du
marché. Ce dualisme de l’économie française ne peut avoir qu’un
temps : dans une économie mondialisée, sous peine de ruiner
tout le monde, on ne peut maintenir la coexistence d’un secteur
dynamique, exposé à la compétition internationale, où les emplois
ne peuvent être maintenus et accrus qu’au prix de performances qui
relèvent de plus en plus du miracle, et d’un secteur statique, protégé,
offrant une illusoire stabilité de l’emploi. Quant à ceux qui refusent
la mondialisation, ils poursuivent évidemment une chimère.
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| REDUIRE L’ETAT |
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Bien
entendu, retourner à la logique du marché c’est rompre avec le logique
de l’administration.
La baisse des impôts
implique la réduction du secteur public. Les privatisations transforment
en acteurs responsables des fonctionnaires pléthoriques, souvent
démotivés et déconsidérés.
D’ailleurs
la France a pris un nombre d’engagements lourds pour faire respecter
les principes de la concurrence dans les échanges internationaux.
Non seulement l’Union Européenne mais aussi l’Organisation Mondiale
du Commerce nous obligeront à tenir ces engagements, au risque (impensable)
d’être exclus de la communauté économique mondiale. Les tenants
d’une « troisième voie » qui permettrait aux Français
de bénéficier du marché quand cela leur convient et d’ignorer les
disciplines du marché quand bon leur semble sont de purs idéologues.
La
société d’économie mixte est un slogan électoral, à laquelle les
socialistes français et quelques autres se sont attachés, mais elle
ne saurait avoir la moindre consistance économique.
Réduire
l’Etat n’est donc pas un choix, c’est une nécessité. Comme toutes
les économies en transition entre plan et marché, la France devra
accélérer le passage au marché pour réduire son chômage, sa dette
publique, et pour éviter la dépression profonde et durable dont
plus personne, demain, ne pourra nous tirer.
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