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| LES PAYS OCCIDENTAUX
: DES DIFFERENCES PROFONDES |
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Les pays occidentaux sont d'apparence plus
homogène que ceux du reste du monde. N'ont-ils pas connu les mêmes
performances, les mêmes épreuves ? Leur niveau de richesse n'est-il
pas comparable ?
Les échanges qu'ils pratiquent entre eux
n'ont-ils pas gommé les différences majeures ?
Certes, les indicateurs statistiques ne
divergent pas spectaculairement.
Mais derrière les résultats globaux se masquent
des différences profondes : dans le temps, parce que des pays en
bonne santé, comme la Grande Bretagne, ont été au bord de la faillite
il y a quelques années - alors que la richissime Allemagne a eu
du mal à intégrer les Länder de l'Est dans l'espace, puisque certains
pays sont visiblement usés, s'enlisent dans la stagnation et l'endettement,
alors que d'autres semblent avoir bénéficié d'une cure de jouvence.
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ETATS
UNIS : VIVACITE INTELLECTUELLE
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En
fait, tous les pays occidentaux - peut-être à l'exception
de la France - ont été traversés par des courants intellectuels
contrastés, qui ont amené des alternances politiques et économiques
spectaculaires.
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En fait, tous les pays occidentaux - peut-être
à l'exception de la France - ont été traversés par des courants
intellectuels contrastés, qui ont amené des alternances politiques
et économiques spectaculaires.
L'exemple
le plus frappant est sans doute celui des Etats-Unis.
Ici on n'ignore rien des jeux de la démocratie
représentative, et les groupes de pression sont à l'oeuvre. Mais,
en même temps, la vivacité intellectuelle est toujours très grande.
Elle se forge dans des universités savantes et concurrentes, et
se prolonge dans ces fameux "think-tanks", ces centrales
intellectuelles où se multiplient les recherches appliquées à la
vie politique.
S'il est un pays où il y a une articulation
entre le marché des idées et le marché politique, c'est bien les
Etats-Unis. Cela peut déboucher d'ailleurs aussi bien sur la victoire
du dirigisme que sur l'élection de REAGAN.
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LA
REAGANOMICS
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Ronald REAGAN restera certainement l'exemple
le plus frappant de l'alliance de la doctrine économique et de l'action
politique. "Reaganomics" : cela désigne indifféremment
un courant de théorie économique et une forme d'action politique.
Le courant théorique est celui du "libéralisme classique",
comme disent les Américains. L'arrivée de REAGAN est précédée d'une
formidable redécouverte des grands penseurs libéraux du XVIIIème
et du XIXème siècle : Adam SMITH, les Pères Fondateurs, et, pour
faire plaisir aux Français Benjamin CONSTANT, Jean Baptiste SAY,
Frédéric BASTIAT. REAGAN a lu du BASTIAT dans les débuts de sa carrière
politique.
L'action politique, c'est la confiance dans
la libre entreprise, le rejet de l'Etat Providence : attaque contre
les grandes "agences" de Washington, diminution de l'impôt,
dérèglementation.
Certes, le marché politique finira par avoir
raison de REAGAN, mais c'est là aussi un enseignement sur la tyrannie
du statu quo et l'importance des problèmes constitutionnels.
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LE
THATCHERISME
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On pourrait en dire presqu'autant de Margaret
THATCHER.
Elle avait au départ la partie plus difficile.
La Grande Bretagne croulait sous le poids de quarante ans
de travaillisme (indifféremment pratiqué par le Labour ou
les Conservateurs). L'économie était complètement asservie
au "social" c'est à dire au syndical. La fiscalité
atteignait des sommets.
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C'est bien grâce à l'Institute of Economic
Affairs, fondé par Antony FISHER, animé dès son début par lord HARRIS
of High Cross et Artur SELDON, que la Dame de Fer a pris son essor.
Erudite en économie autrichienne, elle connaissait les illusions
du socialisme, et les bienfaits de la propriété privée et de la
libre entreprise pour la croissance économique.
Beaucoup de gens n'ont voulu retenir d'elle
que ses allures despotiques. Il faut au contraire rendre hommage
à sa culture économique, à sa formation intellectuelle. Là encore,
le jeu politique a été le plus fort. Mais les Anglais bénéficient
encore aujourd'hui du virage du thatchérisme. Vont-ils lâcher la
proie pour l'ombre socialiste ?
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LA
TRADITION D'ERHARDT
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Par comparaison, l'histoire politique de
l'Allemagne semble plus paisible. C'est vrai que ce pays a toujours
appartenu aux "bons élèves" de la classe : jamais de mauvaises
notes, une monnaie et des échanges extérieurs sans bavure. La tradition
d'ERHARDT y est sans doute pour beaucoup : socialistes comme chrétiens-démocrates
n'ont jamais cédé à la tentation de l'inflation. La structure fédérale
a joué dans le sens d'une limitation des prélèvements, en tout cas
d'une meilleure gestion de la chose publique.
Pourtant, dans cette histoire en apparence
paisible, deux tournants historiques sont intervenus : le premier avec le passage à la sociale-démocratie,
c'est à dire une large augmentation des transferts sociaux, un pouvoir
accru et peu contrôlé des syndicats. Le deuxième a été l'intégration
des Länder de l'Est, qui a été faite avec beaucoup de démagogie
(notamment sous la pression syndicale) et aux prix d'un endettement
spectaculaire, qui a menacé la valeur du Deutschemark.
Il semblerait cependant que l'Allemagne
de l'Est se remette au travail plus rapidement que prévu : il était
temps.
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ITALIE : LA
SURPRISE
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C'est évidemment d'Italie que la surprise
est venue soudainement.
Simple
vote de rejet de la population lassée des scandales politico-financiers
? Réaction contre l'administration centrale, Rome, l'Etat
Italien, et aspiration à l'autonomie régionale, notamment
au Nord ? Sans doute également.
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Mais
l'aventure BERLUSCONI est aussi une grande victoire intellectuelle
pour les disciples de FRIEDMAN et HAYEK en Italie. Elève de FREIDMAN,
le professeur Antonio MARTINO, qui a été président de la société
du Mont Pèlerin, a été l'un des organisateurs du "complot des
intellectuels". Il est aujourd'hui ministre des Affaires Etrangères.
Un autre universitaire, le professeur URBANI, aujourd'hui en charge
de la Fonction Publique, est un fils spirituel de Bruno LEONI, le
grand constitutionnaliste libéral italien.
Le
programme économique de BERLUSCONI a été qualifié de "REAGAN
plus THATCHER". Il prévoit la privatisation complète, le démantèlement
de la Sécurité Sociale, la réduction drastique des impôts et la
disparition de la progressivité fiscale.
C'est
à se demander si ce programme sera jamais appliqué...
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LES IDEES
FONT LEUR CHEMIN
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Ainsi, dans tous les pays d'Europe Occidentale,
les idées ont fait leur chemin. On trouverait les mêmes évolutions
en Espagne, où le parti socialiste a été défait, dans les Pays Bas
et en Scandinavie, où le "modèle suédois" a vécu.
Dans tous ces pays, on s'affaire à rendre
les entreprises compétitives, on accepte la concurrence et on s'y
adapte.
Les pesanteurs sociales sont sans doute
encore lourdes dans les pays du Sud, mais leur dynamisme permettra
sans doute de garder une ligne plutôt anti-étatique. Symétriquement,
les pays du Nord acceptent une large redistribution, mais sans décourager
l'initiative ou confisquer la propriété comme l'avaient fait les
régimes socialistes pendant des années.
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ET
LA FRANCE ?
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Et la France, direz-vous ?
Elle fait réellement exception.
Une exception qui se traduit dans les chiffres
du chômage : c'est la "préférence française pour le chômage".
Signe de la puissance de la coalition des conservatismes :
refus d'adaptation, maintien des privilèges.
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Une exception qui s'explique par le choix
français : la société d'économie mixte. Cette idée est la négation
d'un choix de société.
C'est un refus de toute logique économique.
Et cela ne surprendra personne : la France
reste en dehors des grands courants de pensée économique. L'enseignement
économique, complètement nationalisé, diffuse encore un message
sans consistance scientifique. Les Français ignorent l'économie
et en sont fiers.
Ils traversent le monde contemporain et
l'économie de marché sans les comprendre.
Ils sont donc bien incapables de s'y adapter.
Voilà qui explique la franco-sclérose.
Les électeurs français sont ballottés entre
le conservatisme de droite, nationaliste, corporatiste et technocratique,
et le conservatisme de gauche, syndicaliste, égalitariste et populiste.
C'est le seul pays occidental où l'on parle encore "plan",
"aménagement du territoire", où l'on pratique le contrôle
des loyers, la carte scolaire. c'est le pays des plus grosses subventions,
des plus grandes administrations.
Les libéraux sont des marginaux en France,
alors qu'il ne le sont pas en Europe. C'est donc sans doute en provenance
des autres pays européens que la France importera son libéralisme.
Voilà pourquoi le modèle italien,, plus encore que le modèle anglais,
est important dans ce pays.
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