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| EPARGNE FORCEE, EPARGNE GASPILLEE |
| Aujourd’hui, dans un grand nombre de pays, les individus et leurs
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familles sont privés de la possibilité de constituer un patrimoine
à travers une épargne libre. Ce qu’ils pourraient épargner
est confisqué par la fiscalité et la législation.
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Théoriquement,
une partie de cet argent leur revient sous forme de redistribution
et de prestations sociales : couverture de la maladie, du chômage
et retraites. L’Etat est prévoyant à la place et pour le compte
des citoyens, mais avec leur argent : on parle de façon optimiste
d’une « épargne forcée ».
Le
montant de cette épargne forcée est considérable. Dans un pays comme
la France où les prélèvements obligatoires représentent 45 % du
PIB et 54 % du revenu des ménages, une moitié est faite de cette
épargne forcée : plus d’un quart de ce que gagnent les Français.
Dans
une large mesure, cette épargne est gaspillée. Le coût des prestations
sociales fournies par un monopole public est très supérieur à celui
que demanderait un système privé concurrentiel. De plus, le système
de Sécurité Sociale est fondé sur la répartition, et l’avenir des
retraites s’assombrit chaque jour, en attendant une explosion inéluctable.
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| DE LA REPARTITION A LA CAPITALISATION |
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Voilà
pourquoi dans un grand nombre de pays on a amorcé, et parfois achevé,
une double transition : les systèmes publics ont été privatisés,
au moins en partie, et on est passé de la répartition à la capitalisation.
Rappelons
brièvement que la répartition consiste à faire payer les prestations
sociales par ceux qui n’en bénéficient pas pour l’instant :
les actifs et les bien portants payent pour les retraités et les
malades. L’équilibre de la répartition suppose un bon rapport entre
les populations des deux catégories. Le vieillissement de la population
et la baisse du temps d’activité rendent cette hypothèse totalement
irréaliste. Dans moins de quinze ans, il n’y aura plus grand monde
pour payer et des masses d’ayants droit à qui il faudra payer.
La
capitalisation est une accumulation d’épargne, placée au fur et
à mesure qu’elle est constituée, dont on retrouvera le montant,
grossie des rapports des placements, lorsque l’épargnant en aura
besoin. C’est un effet « boule de neige ».
Alors
qu’avec la répartition l’argent des cotisations est immédiatement
dépensé pour servir les prestations sociales, dans la capitalisation
l’argent demeure dans le circuit productif.
Les
arguments en faveur de la répartition ne sont guère sérieux. Ils
se ramènent à une poésie de la solidarité, rendant des individus
tributaires les uns des autres sans leur consentement, et dépouillant
les uns au bénéfice des autres – en attendant que tout le monde
soit perdant. Ils consistent aussi souvent en une critique de la
capitalisation qui n’a pas de raison d’être.
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| QUELQUES MYTHES SUR LA TRANSITION |
| Quels reproches les détracteurs de la capitalisation lui adressent-ils ? |
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sa rentabilité serait moindre que celle de la répartition :
cette première critique est infondée ; on a pu calculer
que deux personnes entrant dans deux
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systèmes de retraites, l’un
par répartition, l’autre par capitalisation, à l’âge de 25 ans,
et en sortant à l’âge de 60 ans, se retrouvent donc 35 ans plus
tard l’un avec un capital inférieur à la somme des
cotisations versées, l’autre avec une mise doublée (au minimum).
Un couple américain avec deux personnes actives gagnant un revenu
moyen perd 173.500 dollars avec le système de la répartition ;
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sa rentabilité est incertaine, parce que les placements boursiers
sont hasardeux : la répartition est bien plus risquée que la
Bourse. Aux heures les plus noires de Wall Street, en dépit de l’inflation,
du crac boursier de 1929, de la Dépression des années trente, la
rentabilité réelle des placements boursiers a été sur 20 ans de
10,5 % . Aujourd’hui cette rentabilité est dix fois plus élevée.
Par comparaison la répartition fait courir un risque politique permanent :
les droits sociaux peuvent être diminués du jour au lendemain
-
la capitalisation ne profite qu’aux riches : c’est l’inverse
qu’il faut dire, puisque les primes de la capitalisation sont en
général très inférieures aux cotisations de la répartition
-
le coût de la transition d’un système à l’autre est prohibitif,
on ne peut servir à la fois les retraites par répartition déjà dues
et verser les cotisations des actifs au système de capitalisation :
il y a bien des coûts de la transition, mais ils sont plus que compensés
par la fin des pertes subies avec la répartition.
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enfin, toucher à la répartition est une aventure politique
qu’aucun politicien ne voudra courir : seule cette dernière
critique est consistante, mais elle montre davantage les risques
de la démagogie que ceux de la capitalisation.
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| EN FINIR AVEC LA SECURITE SOCIALE |
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Les
politiciens ont une préférence pour le conservatisme. Depuis des
années, en France, on ne cesse de « sauver la Sécurité Sociale ».
Il faut sauver la baleine, puisque les défenseurs du monopole public
en ont fait l’animal symbole : symbole de gigantisme, symbole
d’une espèce jurassique sans doute !
En
fait la Sécurité Sociale se condamne elle-même, par ses déficits
croissants, par son incapacité de tenir ses engagements et par les
abus et les injustices qu’elle engendre.
Au
lieu d’essayer d’aménager le système actuel, il faut en finir avec
la Sécurité Sociale, avec le service public, avec la répartition
pour passer à la capitalisation.
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| LA CAPITALISATION SAUVEGARDE LE PATRIMOINE |
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Faut-il
s’étonner de la supériorité de la capitalisation ?
Le
patrimoine lui-même n’est que le produit d’une capitalisation. La
seule question intéressante est de se demander si l’individu a un
avantage à gérer lui-même sa capitalisation ou à confier une partie
de son épargne à des intermédiaires financiers. Ceux-ci sont en
général plus qualifiés pour comparer la rentabilité et le risque
des divers placements. Encore faut-il que le système financier soit
lui-même libéré des contraintes réglementaires qu’il subit dans
un grand nombre de pays. Quand les banques, les compagnies d’assurances
et les organismes de prévoyance sont entre les mains de l’Etat,
la capitalisation est un leurre : il n’y a pas de capitalisation
sans capitalisme, et pas de rentabilité réelle sans concurrence
entre financiers privés.
Si
la recherche du profit est la règle des intermédiaires financiers,
la capitalisation introduit le patrimoine des individus dans le
circuit de l’investissement rentable et de la performance économique :
c’est la meilleure garantie de sauvegarde dont on puisse disposer
sur le long terme.
Grâce
à la capitalisation il y a convergence de la croissance des patrimoines
individuels et de la croissance économique globale.
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| L’EFFET DE CROISSANCE EST CONSIDERABLE |
| L’influence de la capitalisation sur le dynamisme de l’économie
ne saurait être sous-estimée. |
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Dans
les pays où la capitalisation a été instaurée, comme le Chili,
la Nouvelle Zélande ou, plus récemment la Grande Bretagne
et les Pays Bas, les taux de croissance ont fait un bond spectaculaire.
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Du
coup, la transition s’est faite sans douleur, parce que les rentrées
d’impôts ont été gonflées et ont épongé la dette sociale (contractée
avec le système de répartition). On a pu honorer les droits de ceux
qui étaient dans l’ancien système bien avant les échéances prévues
(en moins de dix ans au Chili par exemple).
Cette transformation de l’économie
ne saurait surprendre. Soudainement, des dizaines de milliards d’épargne
fraîche sont disponibles pour l’investissement productif. Les entreprises
qui manquaient de fonds propres se recapitalisent normalement. Le
pouvoir d’achat des retraités, loin de s’effriter, reprend tout
son lustre.
Par
comparaison, les pays toujours prisonniers de la répartition s’enferrent
dans la dette sociale. On invente des impôts nouveaux dits « de
remboursement de la dette sociale », mais c’est le tonneau
des Danaïdes puisque la dette s’accroît chaque année des déficits
courants.
Les
éléments dynamiques de l’économie continuent à manquer de moyens
de financement, tandis que les éléments parasitaires continuent
à gaspiller l’épargne forcée : la régulation par le marché
financier ne se fait pas.
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| LA BOURSE CREE DES EMPLOIS |
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Le
rôle du marché financier, et l’importance de son dynamisme, sont
au contraire ignorés, voire critiqués, dans les économies qui subissent
la répartition et la « répression financière ».
Beaucoup
de gens ne comprennent pas que les cours de la Bourse à Paris ne
cessent d’augmenter alors que les emplois diminuent : de là
à imputer aux plus-values boursières la responsabilité du chômage
il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par ceux qui haïssent le
« temple du capitalisme ».
Pourtant
c’est l’euphorie boursière aussi dans des pays qui ont éliminé complètement
le chômage, comme les Etats Unis. Et, de façon générale, un marché
financier actif devrait être un gage de reprise pour le marché du
travail. Pour quelles raisons ?
C’est
que la Bourse est un puissant stimulant pour attirer les capitaux
vers les placements les plus rentables. Or, la rentabilité ne se
fait pas au détriment des emplois ou des travailleurs, mais s’obtient
par la meilleure adaptation des produits à la demande. Suivant la
règle qui veut que c’est la création de richesses qui crée des emplois,
on a plus de chance de voir les emplois apparaître dans les entreprises
en pleine expansion plutôt que dans celles qui déclinent. Celles-ci
voient leurs cours chuter et à terme elles disparaissent du marché.
La Bourse, et le marché financier de façon plus large, opère donc
une sélection suivant le critère de la performance économique ;
elle élimine tous les gaspillages, corrige toutes les erreurs. En
maintenant l’économie sur des bases saines elle crée la prospérité
générale.
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| DECONNECTION
DE LA FINANCE ET DE L’EMPLOI ? |
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Pourquoi
ces effets positifs ne sont-ils pas observés partout ?
La
première raison est que la Bourse et les boursiers commettent aussi
des erreurs. C’est ce que l’on peut dire à propos de la surévaluation
des actions à la bourse de Tokyo, l’un des éléments importants de
la crise asiatique. Normalement les erreurs de la Bourse se redressent
assez vite, sauf si les autorités monétaires soutiennent artificiellement
les banques et les investisseurs imprudents (la responsabilité des
banques centrales et du FMI est donc ici pleinement engagée).
Une
autre raison est que le marché du travail est mal articulé avec
le marché financier, car des emplois fictifs (c’est à dire dans
des entreprises en perdition) continuent à être soutenus, voire
même créés, à grands coups de subventions et de protections. Pendant
le même temps, les entreprises françaises ne peuvent embaucher sur
le territoire national à cause des contraintes réglementaires qui
pèsent sur le marché du travail.
Ce
n’est certainement pas en pénalisant la Bourse et les plus-values
boursières que l’on améliorera la situation de l’emploi. Bien au
contraire on risque de faire disparaître les rares bouffées d’oxygène
dont bénéficie l’économie française.
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| LA CAPITALISATION A L’ORIGINE DU
DEVELOPPEMENT |
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Le
développement récent des pays « émergents » vient
confirmer le lien étroit qui s’établit entre la capitalisation
et l’accélération de la croissance.
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La
capitalisation est en effet un élément de la liberté économique.
Pour capitaliser, il faut un régime de propriété privée bien établi,
une grande stabilité monétaire, une large ouverture sur le monde
extérieur qui fournit des ressources financières mais aussi des
possibilités de placement, une fiscalité légère et par conséquent
des prélèvements obligatoires et un secteur public allégés. Tous
ces traits sont caractéristiques de la liberté économique. On parvient
maintenant à calculer des indices de liberté, et à classer les pays
d’après le niveau de cet indice.
Ces
travaux de mesure font apparaître une corrélation spectaculaire
entre liberté et croissance économiques. Aucun des pays dirigistes
et socialisés ne parvient à dépasser 2 % de croissance annuelle,
et la plupart sont en décroissance. Par contraste, les trente pays
les plus « libéraux » du monde connaissent une croissance
supérieure à 5 %. L’ascension de pays comme le Chili, la Nouvelle
Zélande, l’Argentine, est spectaculaire : on y a procédé à
une remise en cause totale de la Sécurité Sociale et de l’Etat Providence.
En Europe, c’est l’Angleterre qui a connu le progrès le plus sensible,
tandis que la France est au…36° dessous.
Des
performances comparables sont enregistrées dans le domaine de l’emploi.
Ainsi
ceux qui pensent que la finance et « l’ultra-libéralisme »
sont les causes du chômage se trompent doublement : d’une part
ils nient la réalité, d’autre part ils ne comprennent pas que le
progrès économique naît de l’accumulation du capital. C’était déjà
le cas dans l’Europe du XII° siècle, c’est toujours vrai aujourd’hui.
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| CAPITAL FINANCIER ET CAPITAL HUMAIN |
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L’erreur
commise par les adversaires de la capitalisation et du capitalisme
vient de ce qu’ils ont opposé la création de richesses et l’épanouissement
de la personne humaine.
La
capitalisation, faut-il le répéter, n’est qu’une des formes que
prend la liberté des individus de gérer de façon responsable leur
progrès personnel. Le capital est constitué grâce aux vertus individuelles
d’initiative et d’épargne. Il n’existe que parce que les gens veulent
se prouver quelque chose à eux-mêmes et aux autres. Dans une économie
de marché la réussite ne se fait pas au détriment des autres, mais
au service des autres. La communauté s’enrichit avec les individus
qui la composent, et non pas avec les princes qui la gouvernent.
Il
n’y a donc rien de surprenant que l’accumulation du capital financier
soit préparée et amplifiée dans les pays qui comptent des personnes
de qualité. C’est la formation et l’exploitation du capital humain
qui permettent la formation et l’exploitation du capital financier.
Sans tomber dans le travers de l’économisme, on doit comprendre
que l’humanisme a une dimension économique.
Il
est facile à ceux qui se laissent vivre, c’est à dire qui vivent
aux dépens des autres, à ceux qui cultivent leur inculture, à ceux
qui n’ont rien à se reprocher parce qu’ils n’ont rien tenté, de
partir en guerre contre la réussite, la promotion, le profit. Ils
peuvent se permettre cet élitisme frelaté et ce désintéressement
de façade parce qu’ils bénéficient la plupart du temps de situations
acquises on ne sait comment, et de privilèges obtenus on sait trop
comment.
Mais
les gens qui sont réellement au bas de l’échelle et veulent s’en
sortir, les millions de personnes qui veulent survivre ou mieux
vivre, dès qu’on leur en a donné la liberté, ont emprunté la voie
de la capitalisation. Ils ont misé sur leurs qualités personnelles,
sur l’éducation de leurs enfants, sur un travail qui, même très
peu payé, leur a permis de constituer une épargne et d’amorcer la
constitution d’un patrimoine.
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