"Gardien du temple" parmi les libéraux (L'Expansion, Novembre 2000), "Gourou de la secte néo-libérale" (Marianne, Juillet 1998), "Pape du Libéralisme" (Figaro Magazine, 1988) : ces qualificatifs démesurés traduisent maladroitement l'ancienneté et la fermeté de mon engagement libéral. Deux raisons expliquent cette option : mon métier d'économiste qui m'a appris les liens entre liberté et efficacité, ma foi chrétienne qui m'invitait à préférer ce qui grandit l'homme et lui permet de s'épanouir plutôt que ce qui le diminue et l'asservit.

Mon action en faveur de la pensée libérale n'a jamais pris la forme d'un militantisme politique, parce que le jeu des partis ne m'a jamais convenu, et parce que j'estime que l'important, aujourd'hui, est de reconstruire la société civile, les communautés naturelles, associatives et professionnelles que l'Etat Providence a progressivement et sciemment détruites. Je suis trop indépendant pour m'inféoder, trop entier pour m'accomoder du politiquement correct.

Rédacteur de la Nouvelle Lettre (hebdomadaire) depuis Janvier 1981 : nous en sommes au numéro 750 environ.

Depuis 1980, je préside l'ALEPS, Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social. Fondée par Jacques RUEFF, Daniel VILLEY, Gaston LEDUC, Pierre de CALAN et quelques autres grands libéraux français, son but est de promouvoir l'idée de la liberté économique notamment à travers des études, des conférencs publiques. L'ALEPS édite la Nouvelle Lettre et publie un bulletin trimestriel. Elle attribue un prix annuel à des intellectuels libéraux : Grand Prix André Arnoux jusqu'en 1975, Prix du Livre Libéral depuis 1998.

En 1998, j'ai créé Génération Libérale. Ce réseau de Cercles locaux et autonomes a pour mission de diffuser le projet libéral à travers tous les canaux de la vie économique, sociale, associative. Un bulletin bi-mestriel assure la liaison entre les Cercles . Les adhérents aux Cercles s'abonnent à la Nouvelle Lettre.

L'ALEPS et Génération Libérale s'associent et publient des opuscules qui traitent des principaux problèmes qui se posent à la société française et qui appellent des solutions libérales.

Un de mes engagements les plus importants a consisté à donner une dimension internationale à la pensée libérale française.
J'ai été aidé dans cette entreprise par mon adhésion à la Société du Mont Pèlerin, aréopage des intellectuels libéraux du monde entier. En liaison avec les grands instituts installés aux Etats Unis, au Canada et en Angleterre, j'ai pu créer en 1989 une filiale européenne de l'Institute for Humane Studies. Cet Institute s'est développé après la chute du mur de Berlin, essentiellement pour accueillir et réunir de jeunes étudiants des pays d'Europe Centrale et de l'Est. Près de 4 000 étudiants ont ainsi suivi une cinquantaine de séminaires qui ont été organisés par mon équipe depuis 1989, tantôt en anglais tantôt en français (mais que la francophonie est difficile à gérer !). En 1990 IHS Europe est devenu IES Europe, Institute for Economic Studies Europe, un changement purement nominal.

Une autre manifestation internationale, davantage liée à ma profession d'économiste, a été la série des 25 Universités d'Eté qui se succèdent depuis 1978, date de sa fondation avec le groupe des "Nouveaux Economistes". Bon nombre d'étudiants fréquentant les séminaires IHS Europe ont participé à ces Universités.

Dès 1971, j'ai eu le sentiment que la pensée libérale ne pouvait rester l'apanage d'une minorité privilégiée faite de seuls intellectuels. Par sa clarté, par sa pertinence et son actualité, elle méritait d'être connue d'un public élargi.
Je me suis alors lancé dans une aventure qui a duré plus de vingt ans : la formation économique en entreprise. J'ai créé l'Institut Pédagogique de Formation Permanente, destiné à concevoir des stages d'initiation à la vie économique en articulation avec les réalités de l'entreprise. Ces stages devaient s'adresser à la catégorie la plus modeste des salariés : le personnel dit "d'exécution", ouviers et employés. Pour animer ces stages, des formateurs devaient être entraînés, ils ont été recrutés parmi les cadres et la maîtrise des entreprises concernées. J'ai formé de la sorte, avec une équipe d'une quinzaine d'économistes, environ trois mille formateurs en vingt ans (en moyenne deux séminaires par mois), la plupart dans de grands groupes industriels. Dans un seul de ces groupes industriels, c'est plus de soixante mille salariés qui ont été ainsi formés. Cela a constitué une expérience unique et très enrichissante pour tous ceux qui y ont participé. J'en ai retiré la conviction que le libéralisme était davantage en accord avec le bon sens populaire qu'avec les élucubrations d'une pseudo - élite.

Ce désir de faire largement connaître une pensée si riche et si bien reçue par les gens simples m'a conduit à écrire plusieurs ouvrages de présentation du programme libéral.
En 1986, à la veille du retour au pouvoir de la droite, je lui lançais un avertissement solennel : ne renouez pas avec vos erreurs antérieures. Cette "Lettre ouverte à nos dirigeants" a été préfacée par Louis PAUWELS, qui m'avait largement ouvert les colonnes du Figaro-Magazine pendant la période du "socialisme de guerre" (1981-1984).
En 1988, en dépit des errements du premier gouvernement de cohabitation, je croyais qu'il était possible de gagner les élections présidentielles. Je travaillais pendant un an avec les équipes de l'ALEPS pour présenter "Programme pour un Président", publié aux Editions Albatros. L'actualité de cet ouvrage aujourd'hui ne fait aucun doute, puisque rien n'a changé en douze ans.
Même commentaire pour "Programme pour un Parlement" (Editions France-Empire) écrit à la veille des législatives de 1993, qui cette fois-ci ont bien été gagnées par la droite. Mais la droite n'a pas davantage suivi ce programme que le précédent...

J'ai repris depuis quelques mois le collier, et l'ALEPS et Génération Libérale ont publié deux petits essais : l'un, "La Vérité sur l'Europe" à la veille des Européennes de Mai 1999, l'autre "Contrat Libéral", en Septembre 1999.

Je terminerai en évoquant ma dernière initiative : la création du site www.libres.org, dont je suis particulièrement fier. Vous pouvez et vous devez évidemment vous y référer. La conspiration du silence autour de la vraie pensée libérale française est ainsi en passe d'être brisée.