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Polémiste et économiste, apôtre
du libéralisme de la première moitié du XlX siècle, Frédéric Bastiat
(1801-1850) est mal connu en France, alors qu'il est édité en livres
de poche aux États-Unis.
Chez nous, son nom ne dépasse guère
le cercle de ses groupies qui se régalent de ses formules à l'emporte-pièce.
Exemple : « L’État, cette grande fiction sociale à. travers laquelle
chacun s'efforce de vivre aux dépens de tous les autres.».
Le professeur Jacques Garello a été
bien inspiré d'intituler son livre par un clin d’oeil au roman de
Françoise Sagan des années 50 : Aimez-vous Brahms ? A cette époque,
le grand musicien allemand était «mal entendu» des Français, qui
lui reprochaient ses prétendues lour deurs germaniques. Depuis lors,
la situation s'est bien améliorée pour Brahms, devenu aussi populaire
que Beethoven à Paris.
Jacques Garello espère-qu'il en ira
de même pour son poulain, dont il a célébré le bicentenaire en lui
consacrant les universités d'été 2001 de la « nouvelle économie
» à Aix-en-Provence. Son ouvrage reprend nombre des communications
d’universitaires du monde entier faites à cette occasion.
Frédéric Bastiat se range dans la
lignée des grands théoriciens de l'économie libérale, Adam Smith,
Jean-Baptiste Say ou Ricardo. Mais alors que ces derniers ont mis
l'accent sur le travail, l’entreprise ou le capital, autrement dit
les producteurs, il situe le consommateur au centre de la vie économique.
D'où son plaidoyer pour le libre-échange, ce qui dans la France
des années 1848-50 le mettait dans une position très minoritaire.
Théoricien et acteur engagé - il est
élu en- 1848 à l’Assemblée nationale-, il-n'a-eu de cesse de stigmatiser
les lois de circonstance votées au profit de l’Etat et aux dépens
de la société civile et des relations contractuelles.
On trouve difficilement opposant plus
farouche à l'État providence : « L'action gouvernernentale est essentiellement
bornée à faire régner l'ordre, la sécurité, la justice”.
Chez le même éditeur, Jacques Garello
et Alain Madelin ont déjà publié un recueil de textes et de pamphlets
de Bastiat sous le titre Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.
On y retrouve notre polémiste “dans
son jus”, avec ses démonstrations imagées : “Vous comparez la
nation à une terre desséchée et l’impôt à une pluie féconde. Soit.
Mais vous devriez aussi vous demander où sont les sources de pluie,
et si ce n’est pas précisément l’impôt qui pompe l’humidité du sol
et le dessèche”.
Notre
société moderne du spectacle politique fonctionne toujours ainsi:
l’opinion publique voit les subventions que la main éclairée du
souverain répand à profusion, elle n’imagine pas les emplois privés
que les taxations ont empêché de créer.
Dans
son ouvrage La société de confiance, publié en 1995 Alain Peyrefitte avait rendu un bel hommage
à Bastia pour avoir « brossé le tableau psychologique » de la société
latine, construite sur la défiance : « Le catactère étatique de
la propriété, la sur-évalorisation de l’État, le refus de l'échange,
le protectionnisme, l'esprit de clientélisme et de dépendance...
» Bastiat mérite d'être lu sinon aimé.
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